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CAHIERS DE LITTéRATURE FRANçAISE

<span class="nerochiaro">Cahiers de Littérature Française XII Sabbat</span><span class="nerochiaro"></span><strong class="nerochiaro"><br></strong>  a cura di Jean de Palacio
Cahiers de Littérature Française XII Sabbat
 
2012
ISBN: ISSN: 1978-4882
  • Libro: 14.00€
Préface, par Jean de Palacio

Nicole Jacques-Lefèvre
Dramaturgies du sabbat. Réflexions sur l’évolution
des représentations de «l’assemblée des sorciers» (IXe-XVIIe siècles)


Sabina Magliocco
Aradia et le sabbat des sorcières. Archéologie d’une légende

Michela Gardini
Les métamorphoses du sabbat à la fin de siècle

Marie-France David-de Palacio
Figurations de la parole incantatoire
dans les scènes de sabbat à la fin du XIXe siècle

Guy Ducrey
Sabbats d’Autriche. La sorcière moderne de Hermann Bahr (1909)

Jean de Palacio
Note sur un sabbat en images:
sur la suite Hexensabbat (1922) de Paul Bürck

Cahiers de littérature française I  AA VV
Cahiers de littérature française I 
2005
ISBN: 978-88-87445-63-3
  • Libro: 12.00€
Questa nuova rivista vuole avere nell’apparente semplicità del suo titolo, Cahiers de littérature française, il suo punto di forza designando l’oggetto delle sue ricerche sganciato da ogni a priori. E’ nata dall’amicizia che unisce i membri di redazione nell’intento di creare un’asse franco-italiano. Testi di: Sophie Basch, Mariolina Bertini, Alberto Castoldi, Guy Ducrey, Franco Fiorentino, Anna Maria Scaiola, Hélène Védrine, F. Wilhelm.

Cahiers de littérature française II<BR>Rimbaud (a cura di André Guyaux)  AA VV
Cahiers de littérature française II
Rimbaud (a cura di André Guyaux)
 
2005
ISBN: 978-88-87445-67-1
  • Libro: 12.00€
All’entrata della sua biblioteca, Albert Thibaudet avrebbe voluto porre quest’avvertenza: “ il monologo qui non è di casa ”. Il nostro Cahier non ha l’ambizione di fare da contrappeso all’onnipotenza del rimbaldismo monologante, ma avrà raggiunto il suo scopo se contribuirà, ponendo nuove domande, a rilanciare il dibattito e le idee.
Testi di: Marco Vignolo Gargini, André Guyaux, Sandro Gugliermetto, Yves Reboul, Éric Marty, Jean-Luc Steinmez, Claude-Pierre Pérez, Marco Matucci, Mario Rchter, Olivier Bivort

Cahiers de littérature française III<BR>Le texte cruel (a cura di Franca Franchi)  AA VV
Cahiers de littérature française III
Le texte cruel (a cura di Franca Franchi)
 
2006
ISBN: 978-88-87445-91-6
  • Libro: 12.00€
I contributi di questo numero della rivista si interrogano sulle ragioni di una particolare e contraddittoria patologia della crudeltà sia in ambito letterario che artistico e filosofico. Lo scopo è quello di delineare la geografia delle metamorfosi di una cultura di cui la modernità si fa depositaria: da Sade a Baudelaire, a Bataille (di cui si riportano due inediti), fino ai giorni nostri. Testi di: Alberto Castoldi, Michel Delon, Franca Franchi, Marina Galletti, George Bataille (inediti), André Guyaux, Liana Nissim, Jean de Palacio, Paolo Tortonese.

Cahiers de littérature française IV<BR>Racine (a cura di Gabriella Violato e Francesco Fiorentino )  AA VV
Cahiers de littérature française IV
Racine (a cura di Gabriella Violato e Francesco Fiorentino )
 
2006
ISBN: 978-88-95184-13-5
  • Libro: 15.50€
L’écho des manifestations liées au tricentenaire de la mort de Racine, qui a marqué la fin du millénaire, ne s’est pas encore affaibli. Nombre d’essais, d’actes de colloques et de numéros spéciaux ont paru pour le célébrer.
Nous, qui avons projeté ce Cahier, nous aurions souhaité participer à cette sorte de fête par quelque initiative. Nous n’y sommes pas parvenus. Aussi c’est avec grand plaisir que nous comblons cette absence, tout en sachant qu’un auteur de l’envergure de Racine n’a guère besoin d’anniversaires pour qu’on se souvienne de lui. Sa fortune critique, de même que les diverses perspectives qui l’ont marquée, répondent à des facteurs absolument indépendants de toute commémoration.

Dans l’après-guerre, et notamment au cours des années soixante du siècle qui vient de s’achever, l’œuvre de Racine est devenue, on le sait, l’un des lieux privilégiés des débats, si ce n’est des conflits, théoriques et méthodologiques, qui agitaient l’époque. Nous sommes loin de ces années, plus loin sans doute que ne l’indique la chronologie. Pourtant, c’est dans ce climat que se sont formés la plupart de ceux qui ont accepté de collaborer à notre projet. Et bien qu’aujourd’hui plus personne n’ait la prétention de plier l’œuvre de Racine à des finalités qui lui seraient étrangères, il nous semble que quelque chose de ces années est encore vivant et agissant. Que l’on étudie le texte, le contexte ou la biographie, l’interprétation reste une exigence toujours prioritaire. D’autre part, il faut reconnaître que la recherche proprement érudite, dans le domaine des études raciniennes, n’a pas offert depuis longtemps des résultats remarquables.

Ce numéro, qui réunit des chercheurs de plusieurs pays, n’aurait pu voir le jour sans l’apport à la fois compétent et discret de Flavia Mariotti et Chetro De Carolis. C’est à elles que vont notre reconnaissance et nos remerciements.

Cahiers de Littérature française IX - X Morales de Proust  a cura di: Mariolina Bertini e Antoine Compagnon
Cahiers de Littérature française IX - X Morales de Proust 
2010
ISBN: ISSN: 1971-4882
  • Libro: 16.00€

Francesco Orlando, Logique fausse et vain prestige: une lettre de Monsieur de Charlus
Philippe Chardin, Amoralités proustiennes
Jacques Dubois, Logiques biscornues et sociologies impromptues
Jon Elster, L’aveuglement volontaire chez Proust
Edward Hugues, Perspectives sur la culture populaire dans l’œuvre de Proust
Joshua Landy, «Un égoïsme utilisable pour autrui»: le statut nor­ma­tif de l’auto-description chez Proust
Daniela De Agostini, Les repentirs proustiens. Remords, rédemption et écriture
Sara Guindani, Banalité du bien. Le Chiasme moral chez Proust
Maya Lavault, Histoires de crimes proustiens
Mireille Naturel, Les mauvais sujets
Eleonora Sparvoli, Syndrome mélancolique et dérèglement moral chez les amoureux proustiens
Elisabeth Ladenson, Proust, Balzac, et la morale publique
Luca Pietromarchi, À propos de Proust et Baudelaire
Mariolina Bertini, Moralité de la lecture: de la vision pédagogique de Ruskin à la complicité proustienne
Anna Isabella Squarzina, Le «caractère divin de la beauté». Autour d’une lettre inédite de Bergson à Proust



Cahiers de littérature française V<BR>Ballons et regards d’en haut (a cura di Michel Delon et Jean M. Goulemot )  AA VV
Cahiers de littérature française V
Ballons et regards d’en haut (a cura di Michel Delon et Jean M. Goulemot )
 
2007
ISBN: 978-88-95184-41-8
  • Libro: 14.00€

Cahiers de littérature française VI<BR>Image et pathologie au XIX siècle  AA VV
Cahiers de littérature française VI
Image et pathologie au XIX siècle
 
2008
ISBN: 978-88-95184-57-9
  • Libro: 14.00€
En 1859, Baudelaire déclare que « tout l’univers visible n’est qu’un magasin d’images » ; en 1870, Taine affirme que l’esprit humain est «un polypier d’images». Au monde-magasin, avec son alléchant désordre, répond l’esprit-polypier, avec sa structure d’assemblage et sa prolifération. À la métaphore de la boutique du brocanteur, dans laquelle on puise les objets de l’imagination, répond celle du récif corallien, accumulation de cellules s’entassant les unes sur les autres, comme les souvenirs dans le cerveau.Dans les deux cas, l’image est l’élément primaire, l’item initial, le noyau du monde et de l’esprit. Mais quel rapport y a-t-il entre le magasin et le polypier ? comment l’un touche-t-il à l’autre ? comment l’image-objet devient-elle l’image-sujet ? et vice versa ?
Les rapports entre ces deux états de l’image font l’objet, au XIXe siècle, non seulement d’une réflexion
philosophique sur la connaissance, mais également d’une interrogation psychologique nouvelle, qui se concentre sur les états morbides de ces rapports.On se demande alors pourquoi l’image intérieure tend à s’objectiver spontanément dans l’hallucination, et si cette objectivation est parallèle à celle que l’art propose. On se penche sur les passions extrêmes que l’image déchaîne, l’iconophilie et l’iconophobie, l’effacement des frontières entre perception et rêve, la perte du sentiment de réalité. On s’intéresse aux transformations délirantes que l’esprit impose à la sensation, on cerne les logiques de ces transfigurations dans les états induits par la drogue.
Toutes ces interrogations, que la littérature soulève, ont en commun une perspective: elles montrent des situations pathologiques (maladie, manie, délire, hallucination, perversion) pour appeler un nouveau regard clinique sur l’image. L’aliénisme et la littérature se rencontrent sur cette hypothèse d’un surcroît d’intérêt que la pathologie apporte à l’image.


Cahiers de littérature française VII-VIII<BR>Décadents méconnus  a cura di Guy Ducrey e Hélène Védrine
Cahiers de littérature française VII-VIII
Décadents méconnus
 
2009
ISBN: 978-88-96333-07-5
  • Libro: 15.00€
Avant-propos, par Guy Ducrey et Hélène Védrine

Aurélia Cervoni
Le Pavillon d’Henry J.-M. Levey

Maria Benedetta Collini
Robert de Montesquiou, une interprétation décadente de la mythologie

Mariagiulia Longhi
Octave Uzanne (1851-1931), «un esprit moderne»

Simonetta Valenti
Camille Mauclair sous le signe de la décadence

Jean de Palacio
Dubut de Laforest, «docteur en médecine sociale» et historien de la décadence

Nathalie Prince
Gaston Danville

Guy Ducrey
Jane de La Vaudère, la science et le sang

Olivier Bivort
Lutèce et les petits décadents

Cahiers de Littérature Française XI Largesse de Casanova<br>  a cura di Michel Delon
Cahiers de Littérature Française XI Largesse de Casanova
 
2011
ISBN: ISSN: 1978-4882
  • Libro: 14.00€

Avant-propos, par Michel Delon
Raphaelle Brin, «Tout dire»? Casanova et la sélection des souvenirs
Elisabetta De Toni, Casanova, le plaisir de la dépense
Guillaume Simiand, «J’ai pris pour précepteur de morale […] celui qui m’a le plus deviné»: Casanova disciple d’Horace
Séverine Denieul, Du beau parleur occasionnel au conteur professionnel: la conversation dans l’Histoire de ma vie de Casanova
Cyril Francès, Pouvoir et frivolité: la mise en scène de la parole royale dans l’Histoire de ma vie
Gérard Lahouati, Envie de duel
Jean-Cristophe Igalens, Casanova et l’onanisme: limites de la surveillance, apologie de la dépense
Casanova par images
Présentations des auteurs

Raphaelle Brin
«Tout dire»? Casanova et la sélection des souvenirs
This article deals with the various issues related to Casanova’s selection of memories. What should one tell the reader when writing one’s autobiography? Which memories should be revealed, which ones should be hidden? Being exhaustive (or, more accurately, “tout dire” – tell all – as Rousseau – before Casanova – stated in his Confessions), appears to be a major rule of what Philippe Lejeune called the “autobiographical pact” (pacte autobiographique). This claim is moreover explicitly linked by Casanova, in his prefaces and in his letters, to the central question of veracity and truth. However, while pretending to tell all, Casanova subtly chooses amongst his memories, and explicitly declares, in the middle of his narration, that he sometimes allows himself to only partially reveal some of his memories to the reader. He thus invites us to read more carefully this mystifying Histoire de ma vie and to consider silence and omission as ambiguous rhetorical strategies.

Elisabetta De Toni
Casanova, le plaisir de la dépense
The essay analyses the case of Casanovian prodigality as a device for social self-promotion and relational strategy. Casanova is an emblematic figure of the eighteenth century adventurer, who can’t help, in the context of a very rigid and fixed society like that of the time, turning to largesse as a mean of affirmation for a “non-aristocrat”. The gift is, at the same time, a sign of power, the instrument of narcissistic self-representation, and also a creative and original act, a “mise en scène”, in which he outlines a theatre performance. It is also a binding device for those who receive it, in a symbolic logic of gifts and counter gifts, to establish a relationship with the donor, thus revealing the not disinterested nature of the act. At the end of a life devoted to largesse, autobiography rises to a form of dissipation itself, the last illusion of a boundless generosity.

Guillaume Simiand
« J’ai pris pour précepteur de morale […] celui qui m’a le plus deviné » :
Casanova disciple d’Horace
Horace ranks among the poets most cherished by the Enlightenment; his verses grace the works of the Philosophes, and are a cornerstone of Latin studies in the Jesuit colleges, albeit in subtly expurgated editions. His sentences are so common that encountering them is hardly significant in itself from a stylistic point of view; moreover, they are seldom quoted with respect to their original meaning, being recycled as mere rhetorical ornaments to be inserted in whichever discourse the eighteenth century author saw fit.
In this almost universal homage to the poet of Tibur, Casanova deliberately stands out: throughout his adventurous life, he boasts an unmatched knowledge of Horace’s works. He understood from an early age that his verses were a key to the educated and moneyed classes throughout Europe; and he discovered that his superior mastery of both the original text and the underlying thinking granted him an appreciable edge in discussion, as is apparent in several episodes of his memoirs.
But to think that the Casanovian use of Horace’s work is merely rhetorical would be wholly inaccurate: his mastery of the Latin poet’s verses stem from long meditation, dating back to his formative years in Padua. He often calls Horace his “master”, and is so endeared with his philosophy that he doesn’t hesitate to take his side against the Philosophes when Voltaire vehemently attacks his verse Nec natura potest justo secernere iniquum. Casanova, like La Mettrie, deeply reflected upon Horace’s specific take on Epicureanism; a close examination of his influence can only lead to a re-evaluation of a singular philosophy that for lack of being systematic has too long been unjustly belittled.

Séverine Denieul
Du beau parleur occasionnel au conteur professionnel :la conversation dans l’Histoire de ma vie de Casanova
This text deals with the art of conversation in The Memoirs of Giacomo Casanova
(1725-1798), also called History of my Life. The Venetian is a smooth talker and regards conversation as an art (a performance art) and mostly as a way to elevate himself socially. For example, he is accepted at aristocratic tables by recounting his adventures, such as his escape from the famous Venetian jail called “Les Plombs”. Casanova enjoys telling stories and witty anecdotes, and making puns in order to win public favours, especially when it comes to people in high-ranking social positions.

As a professional storyteller, Casanova represents the Europe of the Enlightenment, a Europe of conversation and gallantry which is, however, closely linked with the laws of the Ancien Régime (also called Old Regime in English).

Cyril Francès
Pouvoir et frivolité : la mise en scène de la parole royale dans l’Histoire de ma vie.
The text of Casanova’s memoirs contains many meetings between Casanova and important European monarchs, like Frederic II, Catherine II and Louis XV. Each of them provides the occasion for an analysis of the “art of ruling”: forms, strategies, mechanisms… Above all, this art is based on representation which functions like a trompe l’œil, that is to say, but its lack of substance disappoints. The strength of power lies in the frivolity, and at the same time, insignificance it shows. This contradiction, which is the foundation of all absolute power, is analyzed by the stage of the words of monarchs which is of way of question it, and more particularly to explain its collapse during the French Revolution.

Gérard Lahouati
Envie de duel
After a summary of the eigthteeth-century legal and social characteristics of the duel, we present the symbolic aspects of this extreme form of game as an expression of the wish to belong to the aristocracy. We then show how, through his many stories of duels, Casanova gradually takes possession of his life by writing. These often ambiguous stories, ranging from the rather sordid settling of scores between adventurers to the desire to clear his sullied good name, are for the writer one of the ways of building his character’s consistency, making the story of his life an extraordinary epic, ranging from the grotesque to the pathetic.

Jean-Christophe Igalens
Casanova et l’onanisme : limites de la surveillance, apologie de la dépense
This paper focuses on the topic of masturbation in Casanova’s Essai de critique sur les mœurs, sur les sciences et sur les arts  and Histoire de ma vie. It studies the relationship between Casanova’s point of view and the medical discourse of the Enlightenment. Casanova asserts in a meditation on slavery that the human mind can easily be manipulated and controlled. On the other hand, he believes that the prohibition and control of masturbation will always fail, since the vitality of the body cannot be refrained. The paper analyses the presuppositions and ramifications of these contradictory statements.



Cahiers de littérature française XIII - Diderot la penseé et le corps<BR>  A cura di Gianni Iotti
Cahiers de littérature française XIII - Diderot la penseé et le corps
 
2013
ISBN: ISSN 1971-4882
  • Libro: 14.00€

Avant-propos

Dans l’article «Âme» de l’Encyclopédie on lit: «… de quelque manière que l’on conçoive ce qui pense en nous, il est constant que les fonctions en sont dépendantes de l’organisation et de l’état actuel de notre corps pendant que nous vivons». Et encore: «[l’homme] a beau faire, l’expérience ne lui laisse aucun doute sur la connexion des fonctions de l’âme avec l’état et l’organisation du corps; il faut qu’il convienne que l’impression inconsidérée du doigt de la sage-femme suffisait pour faire un sot de Corneille, lorsque la boîte osseuse qui renferme le cerveau et le cervelet était molle comme de la pâte». Chez Diderot le rappel du lien indissoluble entre l’âme et le corps, l’esprit et la chair, reste constant. Se poser des questions sur la structure et sur les fonctions du corps revient, pour lui, à s’interroger sur les moyens et sur les modalités de la pensée. Et donc sur le sens de l’existence au monde en tant qu’être vivant appartenant à l’espèce humaine. C’est là une attitude que Diderot exprime au début de son œuvre, dans les Pensées philosophiques, et de laquelle il ne s’est jamais départi, au point qu’il a consacré son dernier ouvrage, les Eléments de physiologie, à une sorte de phénoménologie de la vie physique. Par ailleurs, ramenant l’activité intellectuelle à ses données sensorielles, Diderot ne s’en tient pas à l’orthodoxie sensualiste et s’écarte de la position rationaliste. Se rattachant indirectement aux affirmations de Spinoza sur l’affectivité du corps, il élargit de façon vertigineuse la notion de pensée en la situant par rapport à des coordonnées biologiques qui dépassent de beaucoup l’expérience sensorielle du sujet. Il ébauche une vision des choses d’après laquelle l’esprit ne saurait être conçu comme détaché de sa matrice matérielle. Pour lui, la pensée n’est que la réalisation particulière d’une énergie naturelle dont les manifestations sont infinies et les idées les plus sublimes plongent dans les mêmes liquides qui circulent à l’intérieur des organes du corps. D’où l’intérêt suprême pour la peinture, la sculpture, et cette sculpture vivante qu’est la pantomime: c’est-à-dire pour ces arts plastiques et dynamiques qui, n’ayant pas recours à la parole modelée par la raison, placent le regard (et les autres sens) au premier plan et font surgir l’émotion esthétique des profondeurs de l’informe et de l’inexprimable, tout en gardant le souvenir puissant du gouffre insondable dont la beauté a été tirée par l’artiste. Plus en général, chez Diderot l’attention réservée aux relations entre le corps et la pensée renvoie à la crise de la raison dogmatique qui caractérise la seconde moitié du XVIIIe siècle, et témoigne du besoin d’élaborer une interprétation de l’homme et du monde par delà le logocentrisme anthropocentrique rassurant de la tradition idéaliste.Les textes que nous présentons ici on fait l’objet d’une rencontre qui s’est tenue à Rome, au Centro di Studi Italo-Francesi, les 24-25 octobre 2013, sous l’égide du Seminario di Filologia Francese, avec le soutien de l’Università degli studi di Roma Tre et des services culturels de l’Ambassade de France en Italie.
G. I.

Table des matières
Avant-propos, par Gianni Iotti
Alberto Castoldi Le savoir des émotions
Jacqueline Lichtenstein Qu’est-ce que le moi? Portrait et autoportrait dans les Salons
Michel Delon Le sentiment de la chair
Letizia Norci Cagiano Diderot 1765: le jeu de la chair et du marbre
Pierre Frantz La Pantomime, du corps à la poésie         
Gianni Iotti Le récit du corps
Jean-Claude Bonnet Un curieux testament: les Éléments de physiologie