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CAHIERS DE LITTéRATURE FRANçAISE

Cahiers de littérature française XIII - Diderot la penseé et le corps<BR> Titolo Cahiers de littérature française XIII - Diderot la penseé et le corps
Autore A cura di Gianni Iotti
Anno 2013
ISBN ISSN 1971-4882
Dati p. 104
Collana Cahiers de littérature française - Cahiers de littérature française
Prezzo
  •  Libro: 14.00€
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Avant-propos

Dans l’article «Âme» de l’Encyclopédie on lit: «… de quelque manière que l’on conçoive ce qui pense en nous, il est constant que les fonctions en sont dépendantes de l’organisation et de l’état actuel de notre corps pendant que nous vivons». Et encore: «[l’homme] a beau faire, l’expérience ne lui laisse aucun doute sur la connexion des fonctions de l’âme avec l’état et l’organisation du corps; il faut qu’il convienne que l’impression inconsidérée du doigt de la sage-femme suffisait pour faire un sot de Corneille, lorsque la boîte osseuse qui renferme le cerveau et le cervelet était molle comme de la pâte». Chez Diderot le rappel du lien indissoluble entre l’âme et le corps, l’esprit et la chair, reste constant. Se poser des questions sur la structure et sur les fonctions du corps revient, pour lui, à s’interroger sur les moyens et sur les modalités de la pensée. Et donc sur le sens de l’existence au monde en tant qu’être vivant appartenant à l’espèce humaine. C’est là une attitude que Diderot exprime au début de son œuvre, dans les Pensées philosophiques, et de laquelle il ne s’est jamais départi, au point qu’il a consacré son dernier ouvrage, les Eléments de physiologie, à une sorte de phénoménologie de la vie physique. Par ailleurs, ramenant l’activité intellectuelle à ses données sensorielles, Diderot ne s’en tient pas à l’orthodoxie sensualiste et s’écarte de la position rationaliste. Se rattachant indirectement aux affirmations de Spinoza sur l’affectivité du corps, il élargit de façon vertigineuse la notion de pensée en la situant par rapport à des coordonnées biologiques qui dépassent de beaucoup l’expérience sensorielle du sujet. Il ébauche une vision des choses d’après laquelle l’esprit ne saurait être conçu comme détaché de sa matrice matérielle. Pour lui, la pensée n’est que la réalisation particulière d’une énergie naturelle dont les manifestations sont infinies et les idées les plus sublimes plongent dans les mêmes liquides qui circulent à l’intérieur des organes du corps. D’où l’intérêt suprême pour la peinture, la sculpture, et cette sculpture vivante qu’est la pantomime: c’est-à-dire pour ces arts plastiques et dynamiques qui, n’ayant pas recours à la parole modelée par la raison, placent le regard (et les autres sens) au premier plan et font surgir l’émotion esthétique des profondeurs de l’informe et de l’inexprimable, tout en gardant le souvenir puissant du gouffre insondable dont la beauté a été tirée par l’artiste. Plus en général, chez Diderot l’attention réservée aux relations entre le corps et la pensée renvoie à la crise de la raison dogmatique qui caractérise la seconde moitié du XVIIIe siècle, et témoigne du besoin d’élaborer une interprétation de l’homme et du monde par delà le logocentrisme anthropocentrique rassurant de la tradition idéaliste.Les textes que nous présentons ici on fait l’objet d’une rencontre qui s’est tenue à Rome, au Centro di Studi Italo-Francesi, les 24-25 octobre 2013, sous l’égide du Seminario di Filologia Francese, avec le soutien de l’Università degli studi di Roma Tre et des services culturels de l’Ambassade de France en Italie.
G. I.

Table des matières
Avant-propos, par Gianni Iotti
Alberto Castoldi Le savoir des émotions
Jacqueline Lichtenstein Qu’est-ce que le moi? Portrait et autoportrait dans les Salons
Michel Delon Le sentiment de la chair
Letizia Norci Cagiano Diderot 1765: le jeu de la chair et du marbre
Pierre Frantz La Pantomime, du corps à la poésie         
Gianni Iotti Le récit du corps
Jean-Claude Bonnet Un curieux testament: les Éléments de physiologie




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